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Quels changements avec la RE2020

Quels changements avec la RE2020
Par Admin 31 mai 2023 3903 vues Pas de commentaires

La RE2020 (Réglementation Environnementale 2020) vient succéder à la RT2012 (Règlementation thermique 2012), depuis le début de l’année 2022.

A savoir qu’entre les 2 a été lancé le label E+C- (Energie positive et Réduction de carbone), qui a tracé les premiers contours de la nouvelle RE2020.

Comme son nom l’indique, la RT2012 se concentrait sur la dimension thermique uniquement, en encadrant la performance énergétique des bâtiments et le confort d’été pour les constructions neuves.

L’enjeu de la RE2020 est d’ajouter tout un volet de performance environnementale.

Elle est applicable depuis le 1er janvier 2022 pour les permis de construire des maisons individuelles, et depuis Juillet 2022 pour les bureaux et à destination d’enseignement primaire et secondaire.

Grands principes de la RE2020 :

- Sobriété et décarbonation de l’énergie

- Diminution de l’impact carbone de la construction

- Garantie de la fraîcheur


Sommaire article :

Surface de référence

Les indicateurs énergétiques
Bbio : Besoin Bioclimatique
Cep : Consommation en énergie primaire
Cep,nr : consommation en énergie primaire non renouvelable
DH : Degrés Heure

Indicateurs Environnementaux
Icenergie
Icconstruction
StockC
Icbatiment
Synthese des indicateurs

Vérification des systèmes de ventilation

Conclusion


Changement de la surface de référence

La RE2020 opte pour une nouvelle surface de référence pour le calcul des indicateurs. La SRT (Surface thermique de référence) devient la SHAB (Surface habitable). Elle correspond à la somme des surfaces des pièces chauffées dont profitent réellement les occupants. Par rapport à la RT2012, elle ne prend pas en compte :

- Les parties communes
- L’épaisseur des cloisons et des murs
- Les paliers des cages d’escalier de hauteur inférieure à 1m80.

Ce changement de surface conduit à une augmentation des indicateurs de 20 à 25% en résidentiel, variant en fonction de l’architecture des bâtiments.

NB : Il est donc impossible de transposer les performances de la RT2012 à la RE2020.



Indicateurs énergie et leurs évolutions :

La RT2012 se concentrait sur 3 indicateurs de performance : Le Bbio, le Cep et le TIC. Pour la RE2020, ils sont au nombre de 9

- 3 indicateurs énergie
- 1 indicateur confort d'été
- 2 indicateurs carbone contraignants
- 3 indicateurs carbone indicatifs


Le Besoin Bioclimatique (Bbio) représente le niveau des besoins en chauffage, éclairage et rafraichissement d’un bâtiment, pour conserver une température de confort. Celui-ci est indépendant des dispositifs thermiques mis en œuvre, il focalise sur la conception du bâtiment, l’enveloppe, l’exposition…
Il s’agît d’un coefficient mesuré en ‘Points’ calculé comme suit :
2 x Besoin en chauffage + 5 x le besoin en éclairage + 2 x le besoin en refroidissement.

Cet indicateur fixe un seuil à ne pas dépasser, le Bbio max. Celui-ci est pondéré par 5 facteurs que sont la zone géographique, la surface de combles aménagés, la surface moyenne des logements du bâtiment, la surface totale et l’exposition au bruit.

Le seuil était d’environ 80 points pour la RT2012, il passe en moyenne à 63 en RE2020. Les exigences portant sur cet indicateur requièrent donc une baisse de 20 à 30% des besoins.

La prise en compte des besoins en rafraichissement représente l’évolution majeure du Bbio en RE2020. Cet élément concernait uniquement les bâtiments climatisés lors de la précédente réglementation, ils sont dorénavant systématiquement pris en compte, bâtiment climatisé ou non.

Exemple de calcul de Bbiomax (en points) selon le découpage des zones climatiques – En Maison Individuelle

Source : Ecologie.gouv.fr


Le Cep :

La où le Bbio se concentre sur le bâtiment en lui-même, le Cep (Consommation d’énergie primaire) est un indicateur dédié à l’efficacité des systèmes énergétiques à l’intérieur du bâtiment.

Il s’exprime en kWh ep / (m².an). Le CEP Max est fixé à 75 kWhep/(m².an) en Maison individuelle et 85 kWhep/(m².an) en logements collectifs.

On retrouve sa valeur max modulée également par un ensemble similaire de facteurs : localisation, surface moyenne des logements, surface des combles aménagés, surface totale du bâtiment, et aussi catégorie de contraintes extérieures. Ces 3 derniers sont ajoutés pour la RE2020.

Evolution de sa base de calcul :
- Les 5 usages de consommation déjà présents en RT2012 que sont : chauffage, refroidissement, ECS, éclairage et auxiliaires (VMC…) sont conservés

- De nouveaux usages pour la RE2020 : Mobilité interne au bâtiment (ascenseur…), éclairage et ventilation des parties communes et parkings

- Autre nouveauté : On ne peut pas soustraire l’éventuelle part d’énergies renouvelables exportée ou autoconsommée.

- Dans les conventions de calculs, le coefficient de transformation en énergie primaire de l’électricité, ou PEF, passe de 2,58 en RT2012 à 2,3 en RE2020. Cela signifie que pour consommer 1 kWh d’électricité, on considère que la production demandée en amont a été de 2,3 kWh et non plus de 2,8 kWh. Une maison aura donc le droit de consommer d’avantage d’électricité avec la nouvelle norme (12% en moyenne).

La décision d’évolution provient du fait que le mix énergétique dans les futures années va augmenter la part d’énergies renouvelables (dont le coefficient est égal à 1), ce qui abaissera les déperditions entre la source et la consommation.


Le Cep,nr

Inexistant avec la RT2012, Le Cep,nr vient compléter l’indicateur du Cep en se focalisant sur la part non renouvelable. C’est donc l’élément le plus contraignant dans les seuils de consommation d’énergie.

Il est également mesuré en kWhep/(m².an), avec des valeurs max à 55 kWhep/(m².an) en maison individuelle et 70 kWhep/(m².an) en logements collectifs. Il fait l’objet des mêmes coefficients de modulation. Ces valeurs correspondent à un effort supplémentaire de 15 à 20% par rapport à la RT2012.


Le DH : Indicateur de confort d’été :

Appelé TIC (Température intérieure conventionnelle) sous la RT2012 il devient le DH (Degrés Heure) en RE2020. Il mesure l’inconfort en période estivale, et s’exprime par le nombre de degrés*les heures d’inconfort en été. L’objectif est donc de mesurer la durée et l’intensité des périodes d’inconfort dans le bâtiment.

1 DH = Un dépassement de la température de confort pendant 1 heure.

Le seuil de non-conformité démarre à 1250 DH pour le résidentiel, pondéré par la superficie, la zone climatique et l’existence ou non d’un système de climatisation.

Il s’agît la d’une des grandes modifications du volet énergétique dans la nouvelle réglementation. Le mode de calcul de cet indicateur est ainsi revu en profondeur.

Exemple de calcul de DH sur une journée estivale avec seuil d’inconfort jour de 27°C :

Source ecologie.gouv.fr




Indicateurs d’empreinte environnementale et ACV

La RE2020 introduit une nouvelle notion, l’analyse du cycle de vie du bâtiment (ACV)

Cette méthode d’analyse est dite « dynamique ». Elle part du principe que dans un contexte d’urgence climatique, plus une émission de CO2 intervient tôt, plus elle aura d’impact. Elle pose également une modulation en fonction du moment où interviennent les émissions de CO2 des éléments de construction et systèmes qui constituent le projet (ex : en année 100% des émissions CO2 sont prises en compte alors qu’en année 50, c’est seulement 57 %). Cette méthode favorise donc artificiellement les produits dont les émissions interviennent en fin de vie plutôt qu’en début. À savoir que cette méthode d’ACV n’est propre qu’à la France.

A cet égard, plusieurs indicateurs environnementaux sont ajoutés pour le calcul de l’empreinte environnementale du bâtiment en termes de consommation, et de construction.

- 2 indicateurs dont le dépassement du seuil max entraine une non-conformité : Ic energie et Ic Construction.
- 1 indicateur subsidiaire qui rentre en compte dans IcConstruction : Icded
- 2 indicateurs calculés à titre informatif : StockC et IcBatiment

Ic energie

C’est l’indicateur des émissions de CO2 relatives à la consommation d’énergie du bâtiment, sur 50 ans. Il a une portée à la fois énergétique et environnementale, en mesurant l’impact sur le changement climatique et la consommation d’énergie primaire.

Il s’exprime en Kg équivalent C02 par mètres carrés (kg eq CO2/m²kg) et la valeur maximum en maison individuelle (MI) est de 160 kg eq CO2/m²kg.

Son caractère évolutif porte uniquement sur les logements collectifs. On retrouve les mêmes facteurs de modulation qu’avec le Cep, soit la localisation, la surface moyenne, la surface totale, la surface des combles aménagées et sa catégorie (CE1 ou CE2).


Ic construction :

Cet indicateur mesure quant à lui l’impact sur le changement climatique lié à la construction du bâtiment de façon globale, et se concentre sur ses matériaux, leur transport, installation (ainsi que l’ensemble du chantier), maintenance, réparation, remplacement et leur fin de vie. Le tout estimé sur l’ensemble du cycle de vie du bâtiment.

Tout comme l’Ic energie il s’exprime en kg eq CO2/m²kg, et sa valeur max est évolutive :

Paliers en MI :

De 2022 à 2024 : 640 kg eq CO2/m²kg
De 2025 à 2027 : 530 kg eq CO2/m²kg
De 2028 à 2030 : 475 kg eq CO2/m²kg
A partir de 2031 : 415 kg eq CO2/m²kg

L’indice max est pondéré par la superficie, la zone géographique, mais également par les fondations et la voirie, ainsi que l’Icded (défini plus bas).

Les 3 indicateurs suivants sont informatifs :

Icded : mesure l’impact des données forfaitaires et des valeurs par défaut dans le calcul de l’empreinte environnementale du bâtiment. Il est intégré dans le calcul de l’Icconstruction

StockC : StockC mesure la quantité de carbone issu de l'atmosphère stockée dans le bâtiment. Il est mesuré en kgC/m2.

Icbatiment : C’est la somme de Ic construction + Ic energie + impact des consommations et rejets d’eau durant la période d’exploitation du bâtiment.


Tableau de synthèse de l’évolution des indicateurs RE2020

Source : Guide RE2020


Vérification des systèmes de ventilation :

Au-delà des indicateurs énergétiques et environnementaux, la RE2020 ajoute une nouveauté de taille par rapport à la RT2012 : la vérification sur site des systèmes de ventilation, pour le résidentiel et le collectif, en fin de travaux. Ce protocole comprend 3 axes :

- Une pré-inspection avec vérification notamment de la correspondance de l’installation avec l’étude thermique

- Une vérification fonctionnelle qui porte sur le caisson, et sa mise en œuvre, le réseau aéraulique, le passage de transit (balayage correct du logement), les bouches d’extraction et de soufflage et les modules d’entrées d’air.

- Des mesures fonctionnelles aux bouches

Ces vérifications sont obligatoirement réalisées par un opérateur avec qualification qualibat 8741

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le détail des exigences obligatoire en RE2020 pour les installations simple et double flux


Conclusion

Au global, les points majeurs d’évolution de la RE2020 sont :

- Le changement du calcul de la surface de référence
- Renforcement de la sobriété
- La prise en compte de l’empreinte carbone
- Une meilleure prise en compte de l’inconfort d’été
- La vérification de l’installation sur chantier
-
Vérification des installations de ventilation mécanique

Par ses nouveaux indicateurs d’empreinte environnementale, la RE2020 tend vers une prise en compte plus globale de l’impact des bâtiments, et s’adapte aux nouveaux enjeux climatiques.

Néanmoins les évolutions amenées ne font pas l’unanimité au sein de la profession, et beaucoup pointent encore un décalage entre la réalité structurelle des consommations et les scénarios conventionnels déployés dans la nouvelle réglementation.

On peut citer notamment la baisse du PEF de 2.58 à 2.3 qui peut ainsi favoriser les systèmes de chauffage électrique au détriment des PAC, ou encore le manque d’exigences sur le sujet de la QAI (Qualité d’Air Intérieure)


Sources :

Ecologie.gouv - Guide RE2020
Isover
France Air
Enerplan
Cerema
Developpement-durable.gouv.fr
Cegibat
Quelleenergie

Publié dans : RéglementationVentilation

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