Thierry Guilbert est un autoconstructeur. Il y a maintenant plus d’un an, il a mis en place dans sa maison à ossature bois un puits canadien à eau glycolée. Jean-phi, son voisin et ami, a préféré un puits classique dans sa maison en Syporex. Retour d’expérience sur deux puits canadiens, un à air (Hélios LEWT) et un à eau glycolée (Hélios SEWT). Installation, utilisation, entretien, performance, quel est selon lui le meilleur puits canadien ?

Remise dans le contexte.
Au départ, c’est l’histoire de deux amis qui ont fait leur maison côte à côte. Les deux étaient intéressés par l’installation d’un puits canadien. Jean-phi, le premier, après s’être longuement renseigné, a opté pour un puits Hélios LEWT avec une VMC simple flux hygroréglable. Thierry, quelques mois plus tard, s’est orienté vers une nouveauté d’Hélios (à l’époque), un puits canadien à eau glycolée couplé avec une VMC double flux KWL 250 (Hélios).
La première maison est en béton cellulaire Syporex, sans isolation extérieure ou intérieure supplémentaire. D’un point de vue isolation le confort d’été est très bon, et un peu moins en hiver.
De son côté Thierry a choisi une maison ossature bois. Pour lui l’isolation lui permet un très bon confort d’hiver, mais moins en été.
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L’entretien avec Thierry Guilbert.
Cyril : D’après vous quel puits a été le plus simple à installer ?
Thierry : Sans aucun doute le puits à eau glycolée. Le tuyau est beaucoup moins rigide que le puits à air. Même si j’ai préféré faire des fouilles à 2 mètres de profondeur (avec 50 cm d’espacement entre les conduits), alors qu’Hélios préconise 1.20m de profondeur ; ce qui peut aussi expliquer les très bonnes performances de mon puits.
Y-a-t-il eu des points bloquants lors de l’installation ?
Oui, je dois avouer que la mise en charge du puits à eau n’est pas évidente. Il faut assurer une pression de 1,5 bar dans la boucle. Nous avons finalement utilisé une pompe que j’avais pour arriver à le mettre correctement en charge. C’est vrai que le puits classique à air n’a pas ce problème. [ndlr : les photos de l'installation sur son blog]
Comment s’est passé le raccordement à la VMC ?
Aucun problème là-dessus, c’est sûrement l’étape la plus simple de toute l’installation.
Avec plus d’un an d’utilisation de ces deux puits, qu’en est-il de l’entretien ?
Je trouve que le SEWT est beaucoup plus simple d’entretien, j’ai juste un filtre à changer tout les ans. Par contre en ce qui concerne le puits à air, je trouve ça un peu plus délicat. Nous avons fait une vérification récemment dans le conduit avec une caméra et une lampe. J’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de condensats [ndlr : quand l’air rentre à plus de 30° et qu’il passe dans un environnement à environ 15°], ce qui peut entrainer des pertes de charges plus importantes. De plus, contrairement au SEWT, le circuit est ouvert. Si le filtre a des problèmes, il pourrait y avoir de la terre, des nuisibles … De plus en cas de glissement de terrain, il pourrai se former une poche dans le conduit, avec de l’eau qui stagne par exemple.
Avez-vous pu comparer les performances des deux puits ?
Malheureusement, l’installation de Jean-phi ne me permet de faire une bonne analyse des performances. Par contre de mon côté, je peux facilement vous en dire plus sur les performances du puits à eau glycolée. Par exemple aujourd’hui [ndlr : 28 juin 2010] l’air extérieur est à 33°. A l’arrivée de la VMC double flux, il est à 22°. Et au final, en sortie de bouche, il est à 23.6°. Pas mal, non ?
Et en hiver ?
J’ai du m’absenter 2 semaines cet hiver. Les températures ont été toujours négatives, allant régulièrement jusqu’à -5 / -7 °. Je n’ai laissé tourner uniquement le puits canadien et ma VMC. Quand je suis rentré, la température intérieure était de 8°. Je vous laisse imaginer à combien elle serai tombée sans ce système.
J’imagine qu’avec une maison en ossature bois, vous n’avez pas eu de mal à retrouver une température « vivable » ?
Effectivement, l’avantage (qui peut être un inconvénient, suivant comment on regarde) d’une maison MOB consiste en sa faible inertie. J’arrive à mettre très rapidement ma maison en température. Pour me chauffer j’utilise un poêle (un foyer à double combustion) et des petits radiateurs radiant dans les chambres pour palier les périodes d’absence dans la journée. Je ne les utilise qu’un peu le soir pour faire remonter la température d’un ou deux degrés. Rarement plus de 15 min par soir à vrai dire.
En parlant de ça, à combien s’élève votre facture d’électricité ?
J’habite dans les Yvelines et j’ai une maison de 125 m². J’ai utilisé cet hiver uniquement 8 stères de bois, et pour tout le reste j’ai une facture d’électricité qui s’élève à 60 € par mois.
Pour revenir aux deux puits canadien, si vous deviez choisir entre les deux, lequel préférez vous au final ?
Sans aucun doute le puits à eau glycolée pour son côté pratique d’entretien et ses performances.
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11 commentaires sur “Comparatif puits canadien. Classique ou à eau glycolée ?”
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Mobzine.info says:
Excellent retour d’expérience.
Une question toutefois, quel entretien est-il nécessaire et quelle durée de vie ont les conduits pour eau glycolée ?
Guilbert Thierry says:
Bonsoir,
Le puit à eau ne necessite aucun entretien structurel si ce n’est que le changement du filtre de l’echangeur thermique une fois par an. Pour ce qui est de la durée de vie du tube, j’aurais tendance à penser qu’il sera encore là quant la maison ne sera que poussière. C’est un tube en polypropylène de 3.5mm d’épaisseur et je ne connais pas sa durée de vie mais il me semble qu’il a une résistance au temps infini!
Ecologiquement
Thierry
Cyril says:
J’ai lu aussi sur une des doc technique qu’Hélios préconisait de vérifier la pression dans la boucle tout les ans. Tu l’as fait de ton côté ?
Guilbert Thierry says:
Oui, je réalise le fameux test du sopalin! J’approche une feuille de sopalin de la bouche et s’il se colle c’est que l’aspiration est bonne, après à savoir s’il y a des appareils qui testent le vortex des bouches, je ne les connais pas. Je pense que si tu nettoies les bouches tous les 6 mois et changes les filtres, le système sera serein.
fabien says:
Thierry,
bravo pour ton installation, peux tu nous dire quel modèle tu as pris pour le puits (car il existe plusieurs taille d’échangeur) et quelle est la longueur de tube enterré (100m j’imagine ?)
merci !
Thierry says:
Bonjour Fabien,
Le puit que j’ai acheté chez econolgy est le puit hélios avec un tube de 100m. L’échangeur mesure 38cm sur 36cm et il est installé dans mes comble,tu le verras en allant dans « les installations éco techniques » et « la ventilatio » sur mon site.
fabien says:
merci Thierry
bloc81 says:
merci de me dire si le double flux est bruyant la nuit dans les chambres salutations
Eric says:
Bonjour,
je viens apporter mon petit retour d’expérience sur l’installation du SEWT que je viens de terminer.
Je rejoins l’avis de Thierry sur la problématique de la mise en eau et du phénomène de condensation sur le circulateur et les connections proches.
Pour la mise en eau, sachant que le PE est enterré à plus de 3,5m de profondeur, nous n’avons pas utilisé de glycol pour améliorer les performances de l’échangeur : la connection s’est faite à l’aide d’un tuyau d’arrosage relié au réseau d’eau de la maison. La mise en pression s’est faite naturellement en jouant sur les différents robinet d’arrêt et d’ouverture du circulateur.
Nous constatons également un phénomène de condensation sur les parties non isolées lorsque l’écart de température dépasse les 10°.
En terme de performance, le circuit d’entrée dans le circulateur indique un température constante de 13°.
Pour une température extérieur de 30°, la température d’entrée dans la VMC est de 17° et celle de sortie de bouche à 20° (by pass activé).
A noter que la vitesse du circulateur (vitesse 1,2 ou 3) n’influence pas sur la température d’entrée dans la vmc même à débit maximum. Cela permet de garder le circulateur à 15w/h.
Nous sommes satisfaits des performances obtenues. De même si le thermostat du kit semble un peu archaique, il assume parfaitement son rôle de bypass (coupe du circulateur).
L’ensemble de l’installation est visible sur le lien :
http://autoconstruction-basse-energie.over-blog.com/categorie-10944542.html
bertrand says:
Bonjour, quel distance max peut on mettre entre le puit canadien à eaux et la vmc double flux lors de l’installation? Moi entre les 2 je devrais avoir environ 15ml de longueur entre la sortie de terre du puit et le positionnement de ma vmc à l’étage, est ce négligeable ou faut il que j’installe ma vmc a proximité?
Eric says:
Bonjour,
plus la distance entre votre puit et la vmc sera élevée et plus vous aurez de pertes de charges et thermiques. Il convient de réduire au maximum cette distance.
A défaut, il faudra du conduit rigide sur-isolé.